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Olivier Véran, c'est maintenant

Sans grande surprise, Olivier Véran prend les rênes du ministère de la Santé.

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Nous en conviendrons : nul besoin de revenir sur les circonstances scabreuses qui ont mené au jeu de chaises musicales faisant passer Agnès Buzyn du ministère de la Santé à la campagne pour la Mairie de Paris et Olivier Véran de l'Assemblée nationale à l'avenue Duquesne. Toujours est-il que ce dernier, neurologue hospitalier au Centre hospitalier universitaire de Grenoble et député de l'Isère (LREM), n'a pas le profil redouté du parachuté de dernière minute dans un environnement passablement secoué par les crises à répétition, qu'il s'agisse du secteur hospitalier au bord de la crise de nerfs, de l'opposition massive à la réforme des retraites ou de la gestion de l'épidémie de coronavirus. Olivier Véran connaît a priori parfaitement les dossiers dont il vient d'hériter.

Sur tous les fronts

Référent santé d'Emmanuel Macron durant la campagne pour l'élection présidentielle de 2017, il figurait clairement parmi les favoris au poste de ministre de la Santé une fois son candidat élu, au point que la nomination d'Agnès Buzyn en a finalement surpris plus d'un. Il n'en sera pas oublié pour autant puisqu'il est élu rapporteur général de la commission des Affaires sociales à l'Assemblée nationale, chargé du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Un exercice dans lequel il est difficile de ne pas le remarquer lors des PLFSS 2018, 2019 et 2020, tant son activité est foisonnante lorsqu'il s'agit de soumettre ou de discuter des amendements en commission et dans l'hémicycle, certains concernant notamment les pharmaciens d'officine. La confiance que lui accorde l'exécutif se vérifie encore une fois lorsqu'il est nommé, en décembre 2018, rapporteur du projet de loi portant mesures d'urgence économiques et sociales suite au mouvement des « Gilets jaunes ». Quant au volet des retraites, il n'est pas en reste puisqu'il était, jusqu'à sa nomination au ministère, le rapporteur sur le projet de loi organique relatif au système universel de retraite. 

À l'écoute des pharmaciens

À l'instar d'Agnès Buzyn, son profil hospitalier a très vite suscité la méfiance au sein des rangs de syndicats de médecins libéraux, sans pour autant qu'on puisse le soupçonner d'amateurisme sur les questions professionnelles. Très actif dans l'élaboration du plan présidentiel et gouvernemental « Ma santé 2022 », il a pris plusieurs fois position en faveur d'une réorganisation des soins de premier recours et n'a pas oublié que les pharmaciens devaient y avoir toute leur place. Sur les différents volets de l'évolution du métier officinal et notamment sur celui de la dispensation sous protocole, il s'est toujours montré ouvert, au grand dam d'ailleurs des médecins libéraux opposés à la mesure. Philippe Besset, président de la FSPF, explique du reste qu'il a « non seulement toujours été à l'écoute des représentants des pharmaciens, mais qu'il n'a pas non plus hésité à les consulter sur plusieurs dossiers les concernant » tout en rappelant qu'il est venu, pendant la campagne présidentielle, présenter le volet santé du programme du candidat Emmanuel Macron à la Maison des pharmaciens.

Par Benoît Thelliez

21 Février 2020

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