Formulaire de recherche

Nouvelle salve contre les antirhumes

L'Académie nationale de médecine réitère sa volonté de voir tous les médicaments contenant de la pseudoéphédrine délivrés uniquement sur ordonnance.

© FOTOLIA/TASPHONG

La décision de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) d'interdire, à compter du 18 décembre 2017, toute publicité pour les décongestionnants de la sphère ORL par voie orale contenant de la pseudoéphédrine n'est pas une mesure suffisante, selon l'Académie nationale de médecine. Dans un communiqué en date du 8 mars, celle-ci rappelle plusieurs points adoptés lors de sa séance du 23 juin 2015 et sur lesquels elle n'a visiblement pas varié. L'institution pointe ainsi les risques « d'effets indésirables graves, cardiologiques ou neurologiques » que font courir ces médicaments qui « déterminent non seulement une vasoconstriction nasale, effet pharmacologique recherché, mais aussi systémique ». Elle considère également que l'« incidence retenue (moins de 1 pour 1 million de boîtes vendues) [de ces effets indésirables] s'avère assurément sous-estimée en raison de la sous-notification habituelle en pharmacovigilance, et particulièrement dans le cadre de l'automédication », et que les dix-sept contre-indications listées dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) « ne peuvent être exhaustivement vérifiées en l'absence de prescription médicale ».

Listage ou conseil renforcé ?

Pour l'Académie, la récente décision de l'ANSM ne modifie donc en rien une situation qu'elle juge « paradoxale », estimant que « cette voie d'administration présente des effets indésirables disproportionnés par rapport au bénéfice escompté, rendant compte d'une balance bénéfices/risques des formes orales moins favorables que celle des vasoconstricteurs administrés par voie nasale, lesquels sont pourtant délivrés uniquement sur prescription médicale ». Dès lors, son message est clair : « Les vasoconstricteurs administrés par voie orale ne devraient être délivrés impérativement que sur prescription médicale. » Voilà une bonne occasion donnée aux pharmaciens de remettre sur le devant de la scène la notion de « conseil pharmaceutique renforcé » au sujet de laquelle la ministre de la Santé Agnès Buzyn n'a manifesté aucune hostilité et qui constituerait une alternative crédible au listage de ces spécialités demandé par l'Académie nationale de médecine. 

Par Benoît Thelliez

9 Mars 2018

© Le Pharmacien de France - 2018 - Tous droits réservés