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Une mobilisation inédite sur le MAD

Pharmaciens et prestataires ont mis de côté leurs différends pour tenter de ­sauver le secteur du maintien à domicile (MAD) d’une menace de baisse des prix généralisée.

L’intersyndicale n’a pas hésité à descendre dans la rue.PHOTO DR

 

C’est une mobilisation qui est née au cœur de l’été entre des partenaires aux intérêts parfois divergents : d’un côté, les pharmaciens, représentés par l’Union nationale des prestataires de dispositifs médicaux (UNPDM), et, de l’autre, les prestataires de ­santé à domicile (Psad), représentés par différents syndicats comme la Fédération des Psad (Fedepsad), le Syndicat national des associations d’assistance à domicile (Snadom) et l’Union des Psad indépendants (Upsadi). Le 5 août dernier est en effet paru un avis au Journal officiel préparant le terrain pour des baisses de prix généralisées dans le secteur du maintien à domicile (MAD). Entre 180 et 200 millions d’euros de coupes budgétaires* qui ont provoqué un tollé chez ces acteurs, lesquels ont même reçu le soutien des patients – diabétiques et insuffisants respiratoires – début septembre.

Temps compté

Pendant que le secteur fourbit ses armes pour contrer le gouvernement, le compte à rebours est enclenché. En effet, « les mesures d’économies devront être applicables au 1er novembre prochain », explique Fabrice Camaioni, président de l’UNPDM ainsi que de la commission Exercice professionnel à la FSPF. En d’autres termes, la solution aura dû être trouvée avant la fin du mois de septembre, mois pendant lequel les réunions se sont multipliées, à la fois avec le bras armé de ces économies, le Comité économique des produits de santé (CEPS), et les cabinets ministériels. Après un mois d’actions jusque devant les grilles du ministère de la Santé fin août (voir photo ci-contre), puis à nouveau le 22 septembre dernier, la mobilisation va-t-elle porter ses fruits ? Seule la réunion du 13 septembre dernier avec les cabinets ministériels concernés a, pour la première fois, marqué une inflexion : les représentants de l’intersyndicale se sont félicités « des avancées dans la prise en compte des sujets évoqués ». Les discussions s’étant poursuivies, un accord se profilerait-il avec des baisses de prix inférieures ? Réponse courant octobre, une fois les derniers arbitrages budgétaires pris pour l’année 2017.

* Les répercussions sur les pharmaciens des 200 millions d’euros de baisses de prix sont difficiles à estimer mais pas négligeables : la liste des produits et prestations remboursables représente en effet 7 % à 8 % du chiffre d’affaires total des officines en France.

23 Septembre 2016

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