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Le Meningitec innocenté par l'ANSM...

À ceci près qu'on ne sait toujours pas pourquoi un certain nombre de vaccins auraient été délivrés en officine après le retrait officiel du produit en septembre 2014.

Les autorités sanitaires se montrent rassurantes depuis le retrait du marché de Meningitec, soit 21 lots rappelés il y a maintenant plus d'un an. À l'époque, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) précisait déjà qu'en « l'état actuel des investigations, la présence de [...] particules [de rouille, NDLR] n'affect[ait] pas la stérilité de ces produits et ne compromet[tait] pas l'efficacité du vaccin ». Lors d'un point presse le 2 décembre, son directeur général Dominique Martin est revenu sur le dossier. Après enquête, il s'avère que « la fréquence d'apparition du défaut est très faible (environ 0,2 %) et que tous les lots de vaccin n'étaient pas concernés ». Selon l'ANSM, la probabilité de contamination de lots distribués en France par ces particules composées de fer, nickel et chrome est donc elle aussi « très faible », d'autant que les « quantités de métaux retrouvées sur les bouchons ne sont pas de nature à engendrer un risque pour la santé ». 

Aucun cas de pharmacovigilance

Le retrait du marché de Meningitec a eu au moins une conséquence directe : le laboratoire Nuron Biotech, qui ne commercialisait que ce produit, a depuis fermé boutique. « Sur les 800 000 seringues, certaines ont pu passer au travers de la procédure de retrait, qui s'est déroulée tout à fait normalement, précise Dominique Martin. Cela peut être partiellement dû à des facturations postérieures au rappel, ce qui ne signifie pas que la délivrance ait, elle aussi, été postérieure. » L'ANSM se penche sur la question avec l'Assurance maladie. Car certains patients ont signalé des vaccinations postérieures au rappel de lot et plus de 500 personnes se sont constituées partie civile auprès du tribunal de grande instance (TGI) de Clermont­-Ferrand pour de possibles effets secondaires suite à une administration de Meningitec, bien qu'aucun cas de pharmacovigilance n'ait à ce jour été signalé. Une fois n'est pas coutume, le conseil central de la section A de l'Ordre des pharmaciens a rappelé la profession à ses obligations dans une lettre datée du 9 septembre dernier : « À l'évidence, en cas de rappel de tous les lots, aucune facturation ne peut alors être faite. [...] Il est de la responsabilité des pharmaciens de s'assurer que tout produit faisant l'objet d'un rappel/retrait de lots soit immédiatement retiré de la chaîne pharmaceutique [...] ». Ça va mieux en le disant.

 

Par Laurent Simon

2 Décembre 2015

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