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N° 1324 Novembre 2020

Interview

Philippe Truelle

« Tout le monde travaille en flux tendu »

Philippe Truelle - président de l’Association des moyens laboratoires et industries de santé (Amlis)

Masques enfants : entre difficultés d'approvisionnement et polémiques

L'obligation du port du masque à l'école pour les plus de 6 ans est entrée en application le 2 novembre, prenant de court nombre de familles... et d'officines.

© adobestock_vasyl

Alors que seuls les collégiens et lycéens étaient jusqu’alors obligés de porter un masque pendant leurs cours, le renforcement du protocole sanitaire, annoncé par le ministre de l’Éducation nationale peu avant la rentrée des classes de novembre, a abaissé l’âge d’application de cette mesure. Ainsi tous les enfants scolarisés de plus de 6 ans sont-ils depuis lundi attendus en classe avec un masque sur le visage… et un second exemplaire dans le cartable pour pouvoir en changer à la mi-journée.

Un stock à constituer

Pour se fournir en matériel de protection, les familles se sont tournées notamment vers les officines, qui ont souvent peiné à répondre à l’ensemble des sollicitations. En effet, peu de pharmacies possèdent habituellement un stock de ce type de produits, sauf à avoir dans leur patientèle des enfants à l’immunité fragile. Heureusement, un certain nombre de laboratoires proposent des modèles adaptés à une utilisation pédiatrique, en version jetable ou lavable : Cherish, Karman Healthcare, Cleantechs, Orliman, Orgakiddy…

Des craintes infondées

Certaines familles ont, elles, choisi de ne pas rescolariser leurs enfants à cause de cette obligation de port du masque. Selon ces parents, cette nouvelle règle sanitaire serait dangereuse à la fois pour la santé physique (« Le masque empêche une bonne respiration », « Il retient les microbes »…) et mentale (« ça leur fait peur », « le masque empêche de reconnaître les expressions faciales ») des enfants. Globalement, ces assertions reprennent les arguments précédemment brandis à propos du port du masque par les adultes. La pédopsychiatre Agnès Pargade, interviewée dans Le Monde daté du 3 novembre, estime « qu’à partir du CP, les enfants sont capables de comprendre l’importance de se protéger contre le Covid-19 et de se sentir responsabilisés » et que « cela demande quelques efforts, mais tout le monde va très bien s’adapter ». Un point de vue que partage un pédiatre hospitalier, connu du grand public pour les billets de vulgarisation scientifique à l’humour caustique qu’il propose sur sa page Facebook To be or not toubib. Ce dernier rappelle que, malgré l’inconfort évident que provoque un masque, ce dernier « ne vous fait pas respirer votre CO2, ne provoque pas de manque d’oxygène dans le sang », pas plus qu’il « ne fait macérer le virus ». Pour lui, « il n’y a aucune raison, strictement aucune sur le plan de la santé et de la psychologie de [l’] enfant pour contre-indiquer le masque sauf en cas de pathologies chroniques sévères (asthme, bronchite chronique obstructive…) » qui nécessitent alors l’avis du spécialiste en charge du suivi de l’enfant. Des informations basiques, mais importantes à rappeler à chaque délivrance de masque, pour que ce dernier soit porté en toute confiance par les petits patients... et leurs parents.

 

Par Alexandra Chopard

6 Novembre 2020

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