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Et maintenant ?

Le Congrès national des pharmaciens a été l’occasion de faire le point sur les leçons à tirer de la crise et sur les évolutions nécessaires pour construire la pharmacie de demain.

De gauche à droite : Serge Montero (Sanofi Pasteur France), Duarte Santos (GPUE), Carine Wolf-Thal (Cnop), Alain Grollaud (Federgy) et Jocelyne Wittevrongel (FSPF).© film begin communication

« Ultraréactive et adaptable, mobile et tonique… » Pour Jocelyne Wittevrongel, secrétaire générale de la FSPF, les dix-huit mois de crise sanitaire ont mis en lumière les grandes qualités de la profession, montée au front pour tester et vacciner. De son côté, Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, s’est dite « très fière de ce qu’ont accompli les pharmaciens mais aussi nos organisations, face à cette crise qui a été un vrai défi quotidien ». Sur la même ligne, Duarte Santos, ancien président du Groupement pharmaceutique de l’Union européenne, a salué la contribution des pharmaciens, « qui ont fait un travail incroyable en décidant de ne pas fermer leurs portes, en soutenant et informant la population et en assumant de nouvelles responsabilités ». Le président de Federgy, Alain Grollaud, a quant à lui tenu à rappeler « la participation des groupements dans l’apport de solutions aux confrères, notamment en matière de masques ou encore de tests ». Comme l’a souligné Serge Montero, directeur général de Sanofi Pasteur France, « chacun a démontré sa capacité à s’adapter à de nouvelles situations »

Une chaîne à toute épreuve

De l’avis du dirigeant, quatre grandes leçons ont été apprises : « Humilité, importance de la santé, souveraineté nationale et révolution technologique avec l’ARN. » Pour finir sur les enseignements à tirer de la crise, Carine Wolf-Thal a conclu sur l’importance de la chaîne pharmaceutique, car « c’est bien elle dans son ensemble qui a permis aux pharmaciens de faire face ».
Comment la place des pharmaciens est-elle amenée à évoluer ? Quelles nouvelles responsabilités se profilent ? Pour Duarte Santos, « les pharmaciens peuvent contribuer à la détection précoce des maladies et à réduire la pression sur le système de santé. Ils sont aussi la clé pour des soins plus adaptés, individualisés »

Des missions à l’infini

Selon Alain Grollaud, trois axes de progression doivent être ­envisagés pour accompagner les confrères dans leurs missions : « L’interpro numérique autour du patient et la relation avec l’hôpital pour la sortie, les emplois partagés et l’exercice du droit de substitution des biosimilaires. » Considérant la place prise par la prévention et la vaccination, « mises au cœur du système », Serge Montero a rappelé le rôle clé du pharmacien dans « le maintien, voire l’amélioration des couvertures vaccinales », notamment à travers les entretiens de prévention à 25, 45 et 65 ans. Expertise et savoir-faire à partager, formation ont été cités comme partenariats possibles entre officines et entreprises du médicament. « Nous allons lister, dans la nouvelle convention avec l’Assurance maladie, les missions de prévention et d’accompagnement, en  progressant avenant après avenant, pour couvrir tous les champs », a annoncé Jocelyne Wittevrongel. « Le pharmacien est la porte d’entrée dans le système de santé, son rôle doit être reconnu et valorisé ! » Interrogée sur la pharmacie de demain, Carine Wolf-Thal a jugé « infini le champ des possibles. Avec le numérique et l’intelligence artificielle, nous allons pouvoir investir d’autres missions de prévention, le MAD, etc. Chacun pourra trouver sa place et son mode d’exercice. » Dans cette évolution, la présidente de l’Ordre a rappelé l’importance de la démarche qualité : « Chacun doit investir dans la qualité, c’est un bénéfice, un gage de protection de nos exercices, de sécurité et de confiance pour le patient et vis-à-vis des autorités. » 

Par Claire Grevot

15 Octobre 2021

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