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L'officine passe enfin à la télé

Le pharmacien aura un rôle d'accompagnement du patient et du médecin pendant la téléconsultation.

©FOTOLIA/FOTOHANSEL

Nous vous en dévoilions les grandes lignes il y a quelques jours, c'est maintenant officiel depuis le 6 décembre au matin. L'avenant n° 15 à la convention pharmaceutique a en effet été signé par les syndicats de pharmaciens (FSPF, Uspo) et l'Assurance maladie, au siège de cette dernière. Le texte n'a pas connu de bouleversements majeurs, notamment concernant les rémunérations auxquelles auront droit les pharmaciens qui souhaiteront se lancer : « Une participation forfaitaire de 1 225 euros la première année afin de permettre au pharmacien de s’équiper en objets connectés utiles aux téléconsultations (comme le stéthoscope connecté, l’otoscope connecté, l’oxymètre, le tensiomètre…), puis de 350 euros les années suivantes », précise l'Assurance maladie, en plus d'une « participation forfaitaire au temps passé en fonction du nombre de téléconsultations réalisées (entre 200 et 400 euros par an) ». À la demande de la FSPF, le cas des pharmacies faisant plus 50 téléconsultations par an pourra être réévalué par la suite, « sous réserve qu'un nombre significatif d'officines soient concernées », précise l'avenant. Si les officines devront bel et bien disposer d'un espace à même de préserver la confidentialité des échanges, la téléconsultation peut se faire de manière « light », sans disposer d'une cabine mais simplement d'une « vidéotransmission dans des conditions permettant de garantir la sécurisation des données transmises »

Bientôt des télé-entretiens ?

Tous les patients et toutes les officines sont potentiellement concernés par ces téléconsultations. Elles devront toutefois être menées « dans le respect du parcours de soins » et être prévues entre le patient et son médecin, même si la possibilité est ouverte de les réaliser en cas d'absence du médecin traitant. Côté financement, les rémunérations seront versées selon le même timing que les rémunérations sur objectifs de santé publique (Rosp), à savoir « annuellement et au plus tard au mois de mars [de l'année] n+1 par la caisse primaire d’assurance maladie du lieu d’implantation de la pharmacie ». Techniquement, un « code traceur » d'une valeur de 1 euro sera émis pour valider le versement au pharmacien de la somme qui lui est due au moment de la téléconsultation. Plus hypothétique, l'avenant ouvre la possibilité de faire des « télé-entretiens pharmaceutiques » : « Le patient pourrait, à terme, bénéficier d'un entretien à distance par le pharmacien dans son officine », se félicite Sophie Sergent, présidente de la commission URPS à la FSPF. Cette disposition, résolument moderne, est toutefois suspendue à une évolution législative toujours en attente. Alors, à vous de jouer !

Par Laurent Simon

6 Décembre 2018

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