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L'Europe promeut le cannabis thérapeutique

Les parlementaires européens incitent à réviser la législation au moment où la France s’empare du sujet. 

© FOTOLIA/AHASOFT

Le cannabis est-il sur le point de faire son entrée dans l'arsenal des thérapeutiques autorisées en France ? S'il est encore trop tôt pour répondre par l'affirmative, cette possibilité fait lentement mais sûrement son chemin au sein des institutions. Au niveau national, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a ainsi entériné le 27 décembre 2018 la position du comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) qu'elle avait mis sur pied trois mois auparavant et qui considère « pertinent d'autoriser l'usage du cannabis à visée thérapeutique pour les patients dans certaines situations cliniques », c'est-à-dire les douleurs réfractaires, certaines formes d'épilepsie, les soins de support en oncologie, les situations palliatives et les cas de spasticité douloureuse de la sclérose en plaques. Ce groupe d'experts devra encore se réunir plusieurs fois d'ici à juin 2019 afin que l'Agence puisse disposer d'un avis permettant, dans un premier temps, « d'envisager la mise en œuvre d'une expérimentation visant à établir un cadre global de cet usage pour les patients en France ».

Prescrits et remboursés

Si la France, traditionnellement très réticente vis-à-vis de l'introduction des cannabinoïdes dans la pharmacopée, accepte désormais d'étudier la question, il en va de même pour les élus européens qui veulent élargir le débat à toute l'Union. Une résolution du Parlement européen adoptée le 13 février dernier invite ainsi « la Commission et les autorités nationales à coopérer afin d'arrêter une définition juridique du cannabis médical » et leur demande encore plus clairement « de lever les obstacles réglementaires, financiers et culturels qui s'opposent à la recherche sur l'utilisation du cannabis à des fins médicales et à la recherche sur l'utilisation du cannabis en général ». Outre une révision des législations des pays relative à l'utilisation de spécialités à base de cannabis, les parlementaires européens demandent enfin que tout soit mis en œuvre pour que ces médicaments « soient couverts, lorsqu'ils sont autorisés, par des régimes d'assurance maladie, comme c'est le cas pour d'autres médicaments ». Si les autorités sanitaires françaises et les élus européens jouent l'ouverture sur ce dossier, il est moins certain que l'exécutif fasse preuve de la même souplesse. Beaucoup d'eau coulera encore sous les ponts avant que vous ne dispensiez cette nouvelle classe de médicaments au comptoir.

Par Benoît Thelliez

15 Février 2019

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