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Les tests salivaires en questions

Réservés jusqu’ici aux patients symptomatiques, les tests RT-PCR salivaires pourraient voir leur utilisation élargie aux asymptomatiques. Les réponses aux ques­tions que vous vous posez sur ces tests.

© adobestock_laurencesoulez

Fu­mée noire ou fu­mée blanche ? Hier, c'était fu­mée blanche à la Haute Autorité de santé (HAS) pour les RT-PCR sa­li­vaires. S'ap­puyant sur une nou­velle « méta-ana­lyse me­née sur les pu­bli­ca­tions les plus ré­centes au ni­veau na­tio­nal et in­ter­na­tio­nal », l’instance a af­firmé « la bonne sen­si­bi­lité des tests RT-PCR sur pré­lè­ve­ment sa­li­vaire ». Et s'est dé­cla­rée fa­vo­rable à leur prise en charge dans deux nou­velles in­di­ca­tions : les cas contact en deuxième in­ten­tion (der­rière le RT-PCR na­so­pha­ryngé) ; et en pre­mière in­ten­tion « dans le cadre de dé­pis­tages ci­blés à large échelle, en par­ti­cu­lier s'ils sont ré­pé­tés ré­gu­liè­re­ment », comme dans les écoles, uni­ver­si­tés, Eh­pad…

Quelle dif­fé­rence de sen­si­bi­lité avec un RT-PCR na­so­pha­ryngé ?

La sen­si­bi­lité des RT-PCR sa­li­vaires est es­ti­mée « à 85 %, ce qui est lé­gè­re­ment in­fé­rieur (de 3 à 11 %) à celle des tests RT-PCR sur pré­lè­ve­ment na­so­pha­ryngé, mais reste su­pé­rieur aux seuils fixés par la HAS pour va­li­der les tests », explique l’instance, qui ajoute : « Le test RT-PCR na­so­pha­ryngé pos­sède au­jour­d'hui les meilleurs per­for­mances cli­niques. Tou­te­fois ce pré­lè­ve­ment étant in­va­sif, il n'est pas adapté à toutes les si­tua­tions. »

Un asymp­to­ma­tique pourra-t-il choi­sir un RT-PCR sa­li­vaire plu­tôt que na­so­pha­ryngé ?

Oui, à condi­tion bien sûr que le la­bo­ra­toire soit en me­sure de l'ef­fec­tuer. Le Dr Cé­dric Car­bon­neil, chef du ser­vice d'éva­lua­tion des actes pro­fes­sion­nels de la HAS, pré­cise que « si on est face à une per­sonne pour la­quelle on a une sus­pi­cion cli­nique im­por­tante, avec un risque de forme grave, très clai­re­ment on pré­fé­rera le test na­so­pha­ryngé ».

L'au­to­test pourra-t-il se faire à la mai­son, en al­lant cher­cher un kit de pré­lè­ve­ment ?

Oui. L'ana­lyse du RT-PCR sa­li­vaire se pra­tique au la­bo­ra­toire, avec le même dé­lai de ré­sul­tat que pour les RT-PCR na­so­pha­ryn­gés. Mais le pré­lève­ment, lui, pourra être fait dans les écoles, Eh­pad… ou même à do­mi­cile. Dans ce cas, il fau­dra al­ler cher­cher un kit de pré­lè­ve­ment au la­bo­ra­toire.

Com­ment bien faire le pré­lè­ve­ment sa­li­vaire ?

Il doit être réa­lisé au moins 30 mi­nutes après la der­nière prise de bois­son, ali­ment, ci­ga­rette, e-ci­ga­rette, d'un bros­sage de dents, bain de bouche... L'échan­tillon doit être conservé dans un fla­con sec et sté­rile, à tem­pé­ra­ture am­biante, et être ana­lysé au la­bo­ra­toire dans les 24 heures. « En cas d'auto pré­lè­ve­ment, il est in­dis­pen­sable que le pa­tient ait reçu une in­for­ma­tion claire sur les condi­tions de sa réa­li­sa­tion. »

Par Hélène Bry

12 Février 2021

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