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Les masques usagés récupérés par l'officine ?

Un député propose de faire participer les pharmacies à la collecte des masques jetables usagés.

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C'est une suggestion qui ressemble fort à une fausse bonne idée : le député Thierry Benoit (UDI, Ille-et-Vilaine) a exprimé le 18 mai dernier, au cours des questions au gouvernement, son souhait que les masques usagés puissent être rapportés en pharmacie pour collecte avant incinération. Il a présenté ce recours aux officines comme une option à considérer dans un objectif national de « construction d'une grande filière pour collecter et traiter les masques ». Une idée qui ne séduit guère, si l'on en croit les réactions épidermiques qui fleurissent depuis sur les réseaux sociaux. Déjà largement sollicités pour participer à l'effort de guerre, les pharmaciens ne voient pas d'un très bon œil cet hypothétique nouveau service. L'idée semble également bien vaine du point de vue du grand public : difficile d'imaginer que les personnes qui ne font pas l'effort de jeter leurs masques usagés dans une poubelle se donneraient la peine de les déposer à l'officine si ce système de récupération était mis en place.

L'exécutif dubitatif

Dans sa réponse, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, a convenu que la question du devenir des masques usagés était préoccupante puisqu'ils constituent bien des déchets à risques devant être traités comme tels. Elle a évoqué la multiplication des « poubelles Dasri » [déchets d'activités de soins à risques infectieux, NDLR] dans les entreprises privées ou les établissements publics et a rappelé l'importance de continuer à encourager le grand public à jeter ces dispositifs dans des sacs poubelles fermés. Cependant, elle n'a pas repris à son compte la suggestion du député, préférant aborder la question sous l'angle des différentes techniques actuellement à l'étude sous l'autorité de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) – fours à ultraviolets, traitement par l'oxyde d'éthylène ou les rayons gamma – pour stériliser et donc permettre un nouvel usage des masques initialement à usage unique.

Par Alexandra Chopard

29 Mai 2020

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