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Les lendemains de la pilule

6,2 %

Comment le recours à la pilule du lendemain a-t-il évolué depuis 2012 et la crise de la pilule contraceptive ? Réponse en un mot : stabilité.

Le recours à la contraception d’urgence (CU) est encore un sujet tabou chez les Français bien que Norlevo et EllaOne soient disponibles sans ordonnance, gratuitement (pour les mineures) et de manière anonyme dans toutes les pharmacies de France, si l'on excepte les cas de refus de délivrance. Une étude parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire montre que le recours à cette méthode est resté stable depuis 2012 malgré tous les soubresauts qu'a connus la contraception, en particulier depuis la crise liée aux pilules de troisième et quatrième génération en 2012. En effet, un peu plus de 6 % des femmes âgées de 15 à 49 ans déclarent avoir eu recours à une contraception d'urgence au cours des douze derniers mois : « Malgré un accès facilité et une évolution importante du paysage contraceptif, l’utilisation de la CU n’a pas progressé en France », remarquent les chercheurs de Santé publique France. Et l'ulipristal (EllaOne) ne semble pas avoir changé la donne : « La mise à disposition sans prescription en 2015 de la formule à l’ulipristal acétate, peu relayée médiatiquement, ne s’est pas accompagnée d’une hausse de l’utilisation, contrairement à ce qui avait été observé entre 2000 et 2005 avec l’arrivée de la CU au levonorgestrel. » 

Peur du jugement

Le taux de recours à la CU est plus important chez les femmes de moins de 30 ans (11,5 %) mais reste également stable depuis 2010, où il était de 11 %. Bon an mal an, ce sont donc un million de pilules du lendemain ou du surlendemain qui sont vendues chaque année. D'autre part, certaines inégalités perdurent puisque les femmes qui résident « hors de la région parisienne » ont moins recours à la CU : malgré la mise à disposition dans des services de médecine universitaire, « il est probable que d’autres freins persistent, comme les problèmes de confidentialité que peuvent rencontrer des jeunes dans des zones rurales ou la difficulté de s’adresser à un pharmacien ou à l’infirmière scolaire dont [la jeune fille] peut craindre le jugement ». Prouvez-leur le contraire !

Par Laurent Simon

27 Septembre 2018

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