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Les instaurations de traitements ont dévissé pendant le confinement

Une étude montre que la période de confinement a induit une modification profonde de la consommation de médicaments en ville.

© adobestock_james thew

Me­née par le grou­pe­ment d'in­té­rêt scien­ti­fique (GIS) Epi-Phare, consti­tué par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), l’étude porte sur la dis­pen­sa­tion sur or­don­nance dans les of­fi­cines de mé­di­ca­ments rem­bour­sés, pen­dant les huit se­maines de confi­ne­ment et la pre­mière se­maine post confi­ne­ment. Qu'ap­prend-on ? D'abord que l'ins­tau­ra­tion de trai­te­ments pour de nou­veaux pa­tients a for­te­ment chuté. La baisse est de 39 % pour les an­ti­hy­per­ten­seurs, 48,5 % pour les an­ti­dia­bé­tiques et 49 % pour les sta­tines. « Ces ré­sul­tats cor­ro­borent la baisse de l'ac­ti­vité de mé­de­cine de ville mal­gré le dé­ve­lop­pe­ment de la té­lé­con­su­lta­tion », ana­lyse l'ANSM, qui ajoute que « ces baisses cor­res­pon­draient à plus de 100 000 pa­tients hy­per­ten­dus, 37 000 dia­bé­tiques et 70 000 per­sonnes re­le­vant d'un trai­te­ment par sta­tines et non trai­tées. »

Moins d'antibiotiques, plus d'hypnotiques

Les ré­sul­tats montrent également que « la très forte di­mi­nu­tion de la dé­li­vrance de pro­duits né­ces­si­tant une ad­mi­nis­tra­tion par un pro­fes­sion­nel de santé déjà rap­por­tée pré­cé­dem­ment s'est pour­sui­vie jus­qu'à la fin du confi­ne­ment et au-delà ». Prin­ci­pales spécialités concer­nées : les vac­cins (– 6 % pour les vac­cins penta/hexa­va­lents des nour­ris­sons, – 43 % pour les vac­cins anti-HPV, – 16 % pour le ROR et – 48 % pour les vac­cins an­ti­té­ta­niques). Les co­lo­sco­pies, scan­ners et IRM ont par ailleurs chuté res­pec­ti­ve­ment de 62 %, 38 % et 44 %, alors que ces exa­mens sont « in­dis­pen­sables pour diag­nos­ti­quer cer­tains can­cers ou ma­la­dies graves en pous­sée, pou­vant en­traî­ner des re­tards de prise en charge », rappelle l'ANSM. 
Autres phé­no­mènes ob­ser­vés : l'ef­fon­dre­ment du re­cours à l'an­ti­bio­thé­ra­pie (– 30 à – 40 %), en par­ti­cu­lier chez les en­fants (765 000 trai­te­ments an­ti­bio­tiques de moins chez les 0 à 19 ans pen­dant le confi­ne­ment par rap­port à l'at­tendu) et, à l'in­verse, l'aug­men­ta­tion de l'uti­li­sa­tion de cer­taines classes thé­ra­peu­tiques en fin de confi­ne­ment et du­rant la pre­mière se­maine post confi­ne­ment, en par­ti­cu­lier les hyp­no­tiques (+ 6,9 % la pre­mière se­maine post confi­ne­ment) et dans une moindre me­sure les an­xio­ly­tiques (+ 1,2 % la pre­mière se­maine post confi­ne­ment).

Par Hélène Bry

19 Juin 2020

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