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Les autotests seront-ils vendus en GMS ?

Les officinaux tempèrent l'enthousiasme de la grande distribution, qui a annoncé la mise en rayon des autotests dès ce week-end.

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La Haute Autorité de santé (HAS) avait à peine donné son aval à l’utilisation des autotests antigéniques sur prélèvement nasal le 16 mars, que la grande distribution se positionnait. Ainsi l’enseigne Carrefour annonçait-elle dès le lendemain avoir commandé 1 million d’autotests qu’elle avait l'intention de mettre en vente dès le week-end des 20-21 mars. Il faut dire que Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé (DGS) avait laissé entendre sur BFM TV le 14 mars qu'ils seraient « assez faciles d'accès [...] peut-être en supermarché ». La semaine précédente, invité sur RMC, le PDG de Système U, Dominique  Schelcher, avait lui aussi indiqué vouloir « se préparer » à leur arrivée. En vente libre en Allemagne chez Aldi et Lidl début mars, ces tests ont fait l’objet d’une véritable razzia de la part des consommateurs.

Exercice illégal

Les officines françaises doivent-elles, dans ces conditions, redouter la concurrence de ventes massives d’autotests ? Lors de l’Afterwork de la FSPF le 18 mars, Philippe Besset, son président, a qualifié les déclarations de Carrefour de « publicité mensongère » et d’« effet d’annonce ». En effet, a-t-il précisé, vendre en grandes surfaces ces autotests, qui sont des « dispositifs médicaux de diagnostic in vitro, des produits du monopole pharmaceutique », est « illégal ». Pour déroger à la loi, il faudrait que le gouvernement prenne une ordonnance ratifiée par le président de la République. Or « nous avons eu l’assurance du cabinet du ministre qu’il n’était pas prévu que les textes soient modifiés », affirme-t-il, tout en appelant à la vigilance. 
Dans ce contexte, les représentants de la profession (Ordre, syndicats, groupements, association d’étudiants) ont publié un communiqué commun rappelant qu'il était important que l’accès à ces autotests se fasse « dans un cadre sécurisé » et s’accompagne de « conseils pharmaceutiques » pour favoriser leur « bon usage » et informer sur leurs « limites »
Avant que la vente effective en pharmacie ne puisse se faire, il manque de toute façon encore des éléments : la liste des tests agréés (à venir sur https://covid-19.sante.gouv.fr/tests), ainsi que les situations dans lesquelles ils pourraient éventuellement être pris en charge par l’Assurance maladie. Pour rappel, un autotest antigénique se fait par prélèvement nasal à une profondeur de 3 à 4 cm suivi d’un mouvement de rotation réalisé 5 fois. Il est effectué par la personne elle-même et permet d’obtenir un résultat dans les trente minutes. La HAS recommande leur utilisation chez les personnes asymptomatiques de plus de 15 ans soit dans le cadre d’un dépistage collectif amené à se répéter (écoles, entreprises), soit dans le cadre d’un dépistage privé, avant une rencontre de proches, le jour même dans l’idéal.

Par Claire Frangi

19 Mars 2021

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