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Avant-première

N° 1301 Juin 2018

Les anti-Alzheimer passent à la trappe

La ministre de la Santé a déremboursé ces spécialités et a commencé à dévoiler ce qu’il adviendra des économies générées.

© FOTOLIA/IBREAKSTOCK

C’est l’épilogue d’un débat entamé il y a une dizaine d’années : en publiant, le 25 mai dernier, les recommandations sur la prise en charge des malades de type Alzheimer, la Haute Autorité de santé (HAS) a planté le dernier clou dans le cercueil du donépézil (Aricept), de la mémantine (Ebixa), de la rivastigmine (Exelon) et de la galantamine (Reminyl), ainsi que de tous leurs génériques. En effet, le remboursement de ces molécules avait été très clairement conditionné par Agnès Buzyn, ministre de la Santé, à la mise en place d’un parcours de soins « de qualité ». Publiés parallèlement, les nouveaux avis de la HAS sur ces quatre molécules confirment ceux déjà émis en octobre 2016 : le service médical rendu (SMR) est insuffisant. Dans la foulée, le 1er juin sont parus au Journal officiel les arrêtés de déremboursement, applicables le 1er août. Cette décision aura plusieurs conséquences, regrette l’association France Alzheimer, la première étant d'augmenter le reste à charge des patients d’une trentaine d’euros par mois. Côté pharmacie, ces molécules représentaient tout de même 160 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Réinvestissements

Le 25 mai dernier, lors d'une conférence de la HAS, Marie-Hélène Certain, médecin généraliste et membre du Collège de la médecine générale, a déploré que les thérapies non médicamenteuses soient rarement prises en charge. Agnès Buzyn a esquissé quelques réponses, dans une interview parue le 1er juin dernier sur Egora.fr : « Les financements rendus disponibles [90 millions d’euros remboursés par l’Assurance maladie, NDLR] seront orientés vers les structures qui accueillent les malades et l’amélioration de leur prise en charge. » Concernant les pharmaciens, rien de très ­précis pour l’instant : le nouveau guide de la HAS prévoit un rôle de « sentinelle » pour les professionnels libéraux ainsi qu’une inspection de la « pharmacie au domicile » et la « vérification de la prise de médicaments »… grâce à la visite d’infirmiers.

Par Laurent Simon

1 Juin 2018

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