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Le réflexe Dastri se relâche !

L'éco-organisme note un fléchissement du recyclage, tant chez les patients que chez les pharmaciens.

© FOTOLIA/VEGE

Les résultats de la 5e édition du baromètre Ifop concernant les pratiques de collecte des déchets d'activités de soins à risques infectieux (Dasri) montrent qu'il faut cent fois sur le métier remettre l'ouvrage. Six ans après son premier agrément, Dastri n'a résussi à convaincre que 68 % des patients d'adopter le bon geste. Un pourcentage encore plus faible (50 %) chez les patients non adhérents à une association de patients et, sans surprise, chez les moins de 25 ans (35 %) ou ceux souffrant d'une pathologie de courte durée (48 %). Si 32 % d'entre eux jettent encore leurs déchets à risque infectieux avec les déchets ménagers ou recyclables, l'enquête a également révélé que plus de la moitié de ceux qui utilisent les boîtes Dastri ne connaissent pas les usages spécifiques concernant les nouveaux dispositifs médicaux (DM). Carton jaune pour les médecins qui ne sont que 31 % à rappeler à leurs patients concernés la nécessité de se procurer un conte­neur Das­tri mais satisfecit pour les pharmaciens qui se révèlent être toujours la première source d'information pour les patients, loin devant les sites Dastri ou les réseaux sociaux. Des officinaux qui ont pourtant encore des progrès à faire en la matière.

Quelle boîte pour quel DM ?

Les pharmaciens ne sont plus que 67 % à proposer systématiquement les boîtes à leurs patients, soit deux points de moins qu'en 2017. Autre bémol, seuls 26 % d'entre eux remettent une boîte lors de la vente d'un autotest VIH. De manière plus globale, l'enquête révèle que, à l'instar des patients, les pharmaciens sont peu au fait des consignes concernant certains nouveaux DM : seulement 1 sur 2 associe la Recycling Box en carton à la pompe à insuline Omnipod et ce pourcentage est encore plus bas (36 %) lorsqu'il s'agit pour eux d'associer la boîte de 1,5 litre à l'applicateur du capteur de glycémie en continu. S'il reste encore du chemin pour les patients comme pour les pharmaciens, rappelons que ce sont plus de 17 000 officines qui se sont engagées volontairement et bénévolement dans le réseau de collecte Dastri, alors que l'objectif initial n'était que de 5 000. Malgré cela, l'éco-organisme refuse pourtant toujours de récupérer les seringues provenant de la vaccination antigrippale en officine un an avant la généralisation de cette mesure à toute la France. Bref, tout le monde doit encore faire des efforts

Par Benoît Thelliez

16 Novembre 2018

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