Formulaire de recherche

Le Plaquénil retourne à la case départ

Un arrêté et un décret abrogent les dispositions permettant la prescription et la dispensation de l'hydroxychloroquine dans le cadre d'une infection par le SARS-CoV-2.

© adobestock_soni's

« Considérant qu'eu égard aux dernières données scientifiques concernant les risques qui s'attachent à l'utilisation de l'hydroxychloroquine dans la prise en charge des patients atteints du Covid-19 il y a lieu de réserver, d'une part, la spécialité Plaquénil aux seules indications de son autorisation de mise sur le marché et, d'autre part, les préparations à base d'hydroxychloroquine aux prescriptions initiales émanant exclusivement de spécialistes en rhumatologie, médecine interne, dermatologie, néphrologie, neurologie ou pédiatrie et aux renouvellements de prescriptions. » C'est en ces termes que l'arrêté publié le 27 mai au Journal officiel met donc fin au régime dérogatoire de l'hydroxychloroquine, en association avec un décret publié le même jour. La récente publication dans The Lancet d'une étude à charge sur l'utilisation de cette molécule sur les patients infectés par le SARS-CoV-2 aura donc sonné le glas de son extension temporaire de prescription et de dispensation. Saisi le 23 mai par le ministre de la Santé, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a en effet rendu un avis mis en ligne trois jours plus tard dans lequel il conclut « à l’absence d’étude clinique suffisamment robuste démontrant l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans le Covid-19 quelle que soit la gravité de l’infection » tout en rappelant que les centres régionaux de pharmacovigilance ont rapporté des effets secondaires potentiellement graves, en particulier cardio-vasculaires, en lien avec l’utilisation de ce médicament.

Crainte d'un nouveau scandale sanitaire

Dans un communiqué de presse en date du 27 mai dans lequel il rappelle que « la France a été marquée par des drames sanitaires liés au mésusage de certains médicaments », le ministre de la Santé explique que si le « HCSP avait indiqué dans son avis du 23 mars 2020 que l'hydroxychloroquine pouvait à titre dérogatoire être prescrite pour les formes graves hospitalières [...] le décret publié ce 27 mai tire une nouvelle fois les conclusions de l'avis du HCSP et modifie les conditions dérogatoires de prescription de l'hydroxychloroquine ». Retour donc à la case départ pour l'hydroxychloroquine puisque désormais, « que ce soit en ville ou à l'hôpital, cette molécule ne doit pas être prescrite pour les patients atteints de Covid-19 ».

Par Benoît Thelliez

27 Mai 2020

© Le Pharmacien de France - 2020 - Tous droits réservés