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Le pharmacien à la rescousse

Un amendement à la future loi de santé prévoit d'autoriser les pharmaciens à substituer un MITM en rupture. 

© FOTOLIA/ALEXLMX

Thomas Mesnier (LREM, Charente) ne chôme pas quand il s'agit de donner aux pharmaciens des prérogatives élargies dans le cadre de la nouvelle coordination des soins telle qu'exposée dans la stratégie présidentielle « Ma Santé 2002 ». Le rapporteur de la loi de santé qui sera mise au vote à l'Assemblée nationale dès le 18 mars a fait approuver en commission des Affaires sociales un amendement ouvrant la possibilité pour le pharmacien d'officine de procéder à la substitution d'un médicament d'intérêt thérapeutique majeur (MITM) sous le coup d'une rupture d'approvisionnement « susceptible de mettre en jeu le pronostic vital du patient ou d’entraîner une perte de chance importante pour ce dernier ». Une mesure déjà évoquée dans un rapport sénatorial d'octobre 2018.

Autonomie élargie

Exposant que depuis quelques années, en France, « le circuit de distribution des médicaments est régulièrement touché par des dysfonctionnements qui entraînent des ruptures d’approvisionnement », le texte prévoit donc qu'en cas d'indisponibilité d'un MITM, le pharmacien puisse « remplacer le médicament prescrit par un autre médicament conformément à la recommandation établie par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé [ANSM, NDLR], après consultation des professionnels de santé et des associations d’usagers du système de santé agréées, et publiée sur son site internet ». Il est par ailleurs précisé que lorsque « le pharmacien procède au remplacement du médicament prescrit [...], il inscrit le nom du médicament qu’il a délivré sur l’ordonnance et informe le prescripteur de ce remplacement ». Si elle est finalement votée par l'Assemblée nationale, cette mesure défendue par la FSPF qui souhaite que soit accordée au pharmacien « une marge d'autonomie [...] dans l'adaptation du traitement en cas de rupture afin de limiter les effets des pénuries de médicaments, dans des conditions fixées par l'ANSM », viendra compléter le dispositif de lutte contre les ruptures qui, pour l'heure, ne concerne guère que les industriels. 

Par Benoît Thelliez

15 Mars 2019

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