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Le ministère défend les patchs en officine

É. Leclerc veut vendre des autotests et des patchs. Dans l'attente d'une position officielle de la ministre, la direction générale de la santé tempère ses ardeurs.

© FOTOLIA/GILLES PAIRE

C'est la dernière campagne médiatique en date de Michel-Édouard Leclerc : obtenir le droit de vendre en grandes surfaces des patchs de sevrage tabagique et des autotests de dépistage. Cette nouvelle marotte du distributeur breton a évidemment provoqué une bronca chez les pharmaciens, syndicats et étudiants en tête. L'Union nationale des groupements de pharmaciens d'officine (UDGPO) a parallèlement annoncé avoir déposé une plainte pour « publicité mensongère », au motif que « les parapharmacies Leclerc utilisent l’argument fallacieux qu’elles sont dirigées par des docteurs en pharmacie, qui, en plus du “prix Leclerc” fournissent les conseils d’un professionnel de santé ». Reste un acteur de poids à ne pas s'être encore exprimé : la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dont la rentrée est à la fois marquée par la réforme du système de santé, qui sera annoncée le 18 septembre, et celle de l'information autour du médicament, suite à la remise du rapport Kierzek.

Autotest et patchs, pas le même combat

Pour autant, le ministère n'est pas resté coi. Dans un message que nous a adressé la direction générale de la santé (DGS), la position défendue par le ministère est assez claire concernant les patchs nicotiniques : « La vente de médicaments sous forme de patch en grandes surfaces [...] contribuerait à positionner ces médicaments comme des biens de consommation. Ce serait oublier l’ambivalence propre à la nature même de ces médicaments. » Et la DGS d'ajouter qu'au sein d’une officine, « les demandes de médicaments à prescription médicale facultative sont le plus souvent adressées à un pharmacien qui connaît déjà le patient et ses éventuelles contre-indications ». Voilà pour les patchs. Pour les autotests, la nature même de ces dispositifs médicaux rend la position du ministère beaucoup plus floue : « [Les autotests] sont inscrits sur la liste des marchandises que peuvent vendre les pharmaciens [ils font partie du monopole pharmaceutique, NDLR], à l’exception des tests de grossesse et d’ovulation, dont la finalité est différente puisqu’ils ne visent pas à diagnostiquer une pathologie. » Voilà qui ne clôt pas encore la polémique.

Par Laurent Simon

6 Septembre 2018

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