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Le médicament toujours au pain sec

Avec près de 1,4 milliard d'euros d'économies sur le médicament, 2019 ressemblera fort à 2018.

© FOTOLIA/TALI RUSS

Si la perspective d'un Objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam) fixé à 2,5 % pour 2019 incitait à l'optimisme – avec un bonus de 400 millions d'euros par rapport aux prévisions –, la réalité a vite rattrapé le secteur du médicament. Contrairement aux habitudes, ce n'est pas le ministère de la Santé qui a annoncé la douloureuse concernant le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 mais la Direction générale du trésor, dépendant du ministère de l'Économie et des Finances. Son rapport économique, social et financier, paru le 2 octobre, comporte le détail des économies attendues pour 2019 sur le médicament ; il faut dire, remarque la Cour des comptes dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, que « toutes les branches ont vu leur solde s’améliorer, à l’exception notable de l’assurance maladie, qui concentre la quasi-totalité du déficit ». Les sages de la rue Cambon proposent ainsi de s'appuyer davantage sur les médecins pour respecter les objectifs d'économies, notamment en les intéressant à la maîtrise de leurs prescriptions, comme en Allemagne.

2019, année grise

Côté génériques, la Cour des comptes insiste également sur le recours encore faible à ces médicaments en France – moitié moins qu'en Allemagne ou au Royaume-Uni –, et semble regretter qu'« en France, le développement des génériques repose au contraire, non sur leur prescription par les médecins, mais sur leur substitution volontaire par les pharmaciens ». Elle n'apporte cependant aucune nouvelle préconisation. Rappelons que le PLFSS propose d'introduire le paiement par les patients en cas de refus de substitution. Dans le détail pour 2019, c'est 1,360 milliard d'euros de dépenses en moins qui est attendu sur les « tarifs des produits de santé et remises », dont 700 millions d'euros sur les médicaments en ville (contre 480 millions prévus l'année dernière), 150 millions d'euros sur les « prix nets des dispositifs médicaux en ville » (100 millions en 2017), auxquels il faudrait ajouter en toute logique 500 millions d'euros d'économies sur la « maîtrise médicalisée et structure de prescription des produits de santé (volume, génériques, biosimilaires) » (320 millions en 2017, hors génériques)pas toujours à l'avantage des pharmaciens. Les années se suivent et se ressemblent.

Par Laurent Simon

4 Octobre 2018

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