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Le casse-tête des antalgiques dans le contexte du Covid-19

Un site fait le point sur le bon usage actuel des antalgiques en proposant plus de 150 questions/réponses sur ce thème. 

© adobestock_kues1

L'union fait la force et per­met d'édic­ter des re­com­man­da­tions. Dans le contexte pan­dé­mique, la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT), en par­te­na­riat avec le ré­seau fran­çais des centres ré­gio­naux de phar­ma­co­vi­gi­lance (CRPV), l'As­so­cia­tion fran­çaise des centres d'ad­dic­to­vi­gi­lance, le Col­lège na­tio­nal de phar­ma­co­lo­gie mé­di­cale, l'As­so­cia­tion na­tio­nale des en­sei­gnants de phar­ma­cie cli­nique, en lien avec l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et le mi­nis­tère de la Santé (DGS), ont mis en place un site qui recense, sous forme de questions/réponses, les bonnes pratiques concernant les médicaments. 
Pre­mier conseil : évi­ter les anti-in­flam­ma­toires sur des dou­leurs lo­ca­li­sées. « La so­lu­tion la plus sûre en pé­riode de Co­vid-19 » reste « d'évi­ter l'ap­pli­ca­tion d'anti-in­flam­ma­toires » sur une en­torse, une ten­di­nite, une dé­chi­rure mus­cu­laire, une pous­sée rhu­ma­tis­male. Quant à savoir « quels mé­di­ca­ments [privilégier] pour trai­ter les dou­leurs aiguës » comme un mal de tête, une en­torse, des règles dou­lou­reuses… les ex­perts ré­pondent qu'« il faut pri­vi­lé­gier en pre­mière in­ten­tion le pa­ra­cé­ta­mol ». Concernant les an­tal­giques plus puis­sants, comme ceux conte­nant de la co­déine, du tra­ma­dol ou de la poudre d'opium, ils « sont in­di­qués sur or­don­nance en cas de dou­leurs plus in­tenses ou ré­sis­tante au pa­ra­cé­ta­mol et en l'ab­sence de symp­tômes res­pi­ra­toires ». Il convient également d’« éviter les anti-in­flam­ma­toires ha­bi­tuel­le­ment uti­li­sés pour la dou­leur (type ibu­pro­fène, ké­to­pro­fène…) pen­dant l'épi­dé­mie de Co­vid-19, au même titre que l'as­pi­rine à dose anti-in­fl­am­ma­toire ou an­tal­gique (plus de 500 mg par prise) ».

Ne pas arrêter les traitements de fond

Autre su­jet épi­neux : le sou­la­ge­ment des mi­grai­neux. En l'ab­sence de signes res­pi­ra­toires, « il est pos­sible de pour­suivre le trai­te­ment de crise ha­bi­tuel en pri­vi­lé­giant les trip­tans et en li­mi­tant les AINS aux crises sé­vères re­belles aux trip­tans seuls ». Dans tous les cas, les recommandations sont très claires : « Il ne faut en aucun cas arrêter [les] traitements de fond, quelle que soit la pathologie concernée, sans l'avis de [son] médecin généraliste ou spécialiste ». Outre « une re­cru­des­cence des symp­tômes dou­lou­reux », l'ar­rêt bru­tal de traitements tels que les anti-dé­pres­seurs est en effet susceptible de provoquer un syn­drome pseudo-grip­pal qui pour­rait être confondu avec des signes d’infection au co­ro­na­vi­rus.

Par Hélène Bry

11 Mai 2020

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