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La zopiclone incriminée dans le drame de Millas

La conductrice du bus scolaire accidenté fin 2017 était traitée par un hypnotique depuis plusieurs années.

L’implication potentielle de l'Imovane vient d’être révélée dans l’enquête sur la collision d’un bus scolaire et d’un TER qui avait fait six morts en décembre 2017 à Millas (Pyrénées-Orientales). D’après des informations relayées par France Info jeudi 4 avril, la conductrice du bus percuté sur le passage à niveau prenait depuis plusieurs années cet hypnotique. Sollicité par la juge d’instruction en charge du dossier, le laboratoire Sanofi qui le commercialise a rappelé que ce médicament « comporte un pictogramme rouge de niveau 3, considéré comme le niveau le plus élevé, et équivalent à une interdiction de conduire ». En outre, l'industriel a précisé, en accord avec le RCP de cette spécialité, que l’Imovane « peut influencer de façon conséquente l’aptitude à conduire, avec des risques possibles de somnolence, un allongement du temps de réaction et la diminution de la vigilance, particulièrement pendant les douze heures suivant la prise du médicament ». Il a enfin indiqué que ce médicament pouvait également provoquer « une conduite automatique avec amnésie post événementielle ».

Le médecin sur la sellette

Au vu de ces nouveaux éléments, les familles de victimes s’interrogent, par la voix de leurs avocats, sur la responsabilité du médecin de la conductrice. Il semble établi que celui-ci a poursuivi les prescriptions de zopiclone pendant les deux années précédant l’accident, alors que cette durée est règlementairement limitée à quatre semaines. Même s’il n’en est pas encore question dans les médias, on peut imaginer que le ou les pharmaciens ayant délivré ces ordonnances répétées seront également amenés à répondre aux questions des enquêteurs.

Par Alexandra Chopard

4 Avril 2019

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