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La vente de la pilule en OTC pose question

Et si le pharmacien pouvait délivrer la pilule progestative sans ordonnance ? Un collectif, soutenu par le Planning familial, interpelle l'industrie.

Parce que l'accès à la contraception demeure encore trop difficile en France, Le Collectif de pharmaciens et le Planning familial adressent une lettre ouverte assortie d'une pétition à quatorze laboratoires pharmaceutiques (Majorelle, Biogaran, Zentiva/Sanofi, Effik, Sandoz/Novartis, Janssen, Teva, Mylan, Pierre Fabre, Besins International, Pfizer, HRA Pharma, Bayer Healthcare et MSD) pour qu'ils déposent un dossier de demande de délistage de leurs pilules progestatives. Les signataires rappellent que « la pilule progestative présente des contre-indications limitées et bien connues, peu d'effets indésirables, pas de risque de surdosage. Des outils existent déjà pour aider la femme et son pharmacien à évaluer si ce médicament peut convenir ». Leur argumentaire s'appuie principalement sur les recommandations de 2012 du Collège américain des obstétriciens et gynécologues.

Bémols

La vente de pilules sans ordonnance est déjà une réalité dans de nombreux pays et HRA Pharma a déposé en début d'année un dossier d'autorisation de mise sur le marché (AMM) américain d'une pilule progestative sans ordonnance. « Il est temps désormais que les femmes françaises et européennes disposent des mêmes droits et de la même accessibilité au moyen de contraception de leur choix. » Le Collectif de pharmaciens et le Planning familial demandent ainsi aux industriels « de s'engager publiquement à déposer un dossier d'AMM » en ce sens avant le 8 mars 2018, Journée internationale des droits de la femme, et aux autorités sanitaires française et européenne « d'accueillir avec bienveillance cette demande ». D'ici là, ils relaient leur campagne par le biais d'un site internet baptisé Liberezmapilule.com et du hashtag #LiberezMaPilule dont s'est d'ailleurs déjà servi la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, sur Twitter : « Je soutiens la délivrance sans ordonnance et sur conseil des pharmaciens de la pilule progestative. » La vice-présidente de la FSPF, Jocelyne Wittevrongel, se montre également favorable à « toute mesure qui permet d'éviter les grossesses non désirées, mais pas n'importe comment ». En effet, soulève-t-elle, « il faudra encadrer l'accompagnement de la jeune femme qui n'a jamais pris de pilule contraceptive comme celui de la femme qui en prend en continu durant des années : conseil, prévention, suivi, traçabilité des échanges... Et le temps qui y serait alors consacré n'est pas anodin ». Jocelyne Wittevrongel s'interroge également sur le remboursement de ces spécialités une fois vendues sans ordonnance : « Tout le monde ne peut pas se payer une contraception. Ce n'est pas si simple. En outre, qui dit passage en OTC dit possibilité de vente en ligne. Je ne suis pas opposée du tout à la mesure proposée mais elle pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. » Et vous, qu'en pensez-vous ?

Par Anne-Laure Mercier

19 Avril 2017

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