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La télémédecine façon officine

Le texte de l’accord prévoit l’équipement dont auront besoin les pharmaciens… et la rémunération associée.

© FOTOLIA/MAKC76

Si vous n’aviez pas encore réfléchi à vous lancer dans l’accueil de consultations à distance, voilà qui devrait peut-être vous faire changer d’avis. Le projet d’avenant n° 15 à la convention nationale de 2012 pose en effet les premières bases de cette grande orientation du système de santé, voulue jusqu’au plus haut sommet de l’État, par le président Emmanuel Macron en personne, comme il l’avait annoncé dès juillet 2017 à la conférence nationale des territoires, puis confirmé dans la mesure n° 13 du plan « Ma santé 2022 », lancé officiellement mi-septembre (voir Le Pharmacien de France, n° 1303, « La santé selon Macron »). Les médecins ont quant à eux signé presque à l’unanimité de leurs syndicats leur propre avenant télémédecine avec l’Assurance maladie en juin dernier : il est devenu actif depuis le 15 septembre pour les téléconsultations et le sera en février 2019 pour les actes de télé-expertise, une sorte de second avis médical dématérialisé.

1 225 euros la première année

Le texte concernant les pharmaciens, non encore signé à l’heure où nous écrivons ces lignes, décrit à la fois le rôle et l’équipement dont devront disposer les officinaux pour entrer dans le jeu. « Le pharmacien doit a minima se doter des équipements suivants : stéthoscope connecté, otoscope connecté, oxymètre, tensiomètre », précise le texte, en plus d’une installation permettant la confidentialité des échanges par vidéotransmission sécurisée, de façon à « garantir l’intimité » du patient. Logique : une téléconsultation reste une vraie consultation. Côté rémunération, le pharmacien pourra compter sur 1 225 euros la première année pour l’équipement des officines qui souhaitent se lancer, un montant ramené à 350 euros les années suivantes. Un versement conditionné la première année à la déclaration en ligne de l’ouverture des téléconsultations, les suivantes à la réalisation « d’au moins une téléconsultation ». Last but not least, le pharmacien sera également rémunéré forfaitairement pour le temps passé à « l’organisation » et à « l’assistance apportée au patient ». Le forfait se monte à 200 euros entre 1 et 20 téléconsultations, 300 euros entre 21 et 30 téléconsultations et 400 euros au-delà par an. Alors, ne zappez pas !

Par Laurent Simon

30 Novembre 2018

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