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La sérialisation ne passe pas la porte

Alors que la date butoir du 9 février est arrivée, quelles vont être les conséquences pour l’officine ? Pour l’instant : aucune.

©FOTOLIA/DANIELBERKMANN

Le projet européen de sérialisation des médicaments vient de loin et pour l'instant n'aboutit nulle part. Le constat de retard dans le déploiement de ce système d'information capable de détecter en temps réel d'éventuelles contrefaçons introduites sur le marché français a en effet déjà été posé. Mais la date du 9 février, initialement prévue pour son activation au niveau européen, étant arrivée, le problème devient tangible. Qu'on se rassure : au niveau de l'officine, les développements informatiques n'ayant pas été effectués au sein de vos logiciels, rien ne changera. De plus, cette situation ne concerne pas que les officinaux : « Au regard des éléments disponibles à ce jour, il faut considérer qu’au 9 février prochain, la sérialisation ne peut entrer que dans une période de transition et de test et non dans un mode opérationnel », annonce ainsi le Syndicat national des pharmaciens praticiens hospitaliers et praticiens hospitaliers universitaires (SNPHPU) dans un communiqué. Au niveau institutionnel, en particulier au ministère de la Santé, la mesure du problème semble cette fois avoir été prise. « Nous sommes dans l'attente de mesures transitoires qui devraient être communiquées par le ministère », a notamment déclaré Carine Wolf-Thal, présidente de l'Ordre des pharmaciens, lors de ses vœux à la presse fin janvier.

Au pied du mur

Mais le chantier est immense : en plus des développements informatiques prévus pour l'intégration de la sérialisation dans vos logiciels, aucune des procédures de retrait et renvoi de boîtes potentiellement contrefaites ne sont aujourd'hui connues. L'Ordre des pharmaciens pointait également des taux d'échec de 50 % à 80 % dans les phases pilotes qui se sont déjà déroulées en Europe, notamment en Norvège et aux Pays-Bas. La donne pourrait néanmoins changer dans les mois à venir : si aujourd'hui seuls six logiciels officinaux ont été accrédités par France MVO, la situation est mouvante. Initialement écarté de la gestion technique de la sérialisation, l’Ordre des pharmaciens pourrait revenir dans le jeu en s’appuyant sur son expérience réussie avec le dossier pharmaceutique (DP). « Disposer d’un concentrateur technique [...] répond à une nécessité fonctionnelle ; nous choisissons le système DP pour assumer ce rôle », annonçait ainsi la FSPF dans un document adressé au ministère fin décembre. Un choix qui a également les faveurs de la Fédération des éditeurs d’informatique médicale et paramédicale ambulatoire (Feima). La suite au prochain épisode. 

Par Laurent Simon

7 Février 2019

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