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La FSPF met en garde contre les sanctions financières

Devant la commission des comptes de la sécurité sociale, le président de la FSPF, Philippe Besset, a alerté les pouvoirs publics sur les conséquences pour le réseau officinal de récentes mesures financières.

© adobestock_olivier le moal

En préambule de la présentation des grandes lignes du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2021, la commission des comptes de la sécurité sociale a dressé un état des lieux des comptes sociaux dans notre pays. Son rapport, présenté le 29 septembre, prévoit ainsi un déficit abyssal de 30 milliards d’euros pour 2020. Et la situation n’est pas près de s’améliorer. Le ministre délégué chargé des Comptes publics, Olivier Dussopt, estime que « la Sécurité sociale subira de façon pérenne des déficits élevés, sans doute de plus de 20 milliards d'euros ces prochaines années ».

« Le système de santé et la Sécurité sociale sont confrontés à une situation inédite, appelant des mesures et engagements, humains comme économiques, exceptionnels », souligne Philippe Besset, dans une contribution adressée à la commission des comptes de la sécurité sociale. « Un effort de guerre sanitaire, en somme, auxquels les pharmaciens d’officine ont pris toute leur part, en restant au service des Français tout au long de la crise », rappelle-t-il. Il ajoute : « La situation l’exigeait, le réseau officinal était prêt, c’était notre rôle, notre devoir. Nous n’attendions pas de récompense. »

Mesures pénalisantes

Devant la commission, le président de la FSPF a donc fait part de son étonnement vis-à-vis de mesures financières qui pénalisent le réseau (estimées à 285 millions d’euros) et qui vont « peser sur les ressources des 26 500 pharmaciens libéraux et obérer les perspectives d’évolution salariale des 120 000 salariés de l’officine, préparateurs et pharmaciens adjoints ». Il cite, entre autres, la baisse du montant des honoraires complexes, la non compensation du déremboursement de l’homéopathie, la réduction des délais d’écoulement de stock, ou encore les baisses de prix. « L’État disait pourtant tirer les conséquences de la crise sanitaire pour le système de santé et pour les professionnels, pour ne plus en faire une variable d’ajustement budgétaire, en revalorisant certaines carrières et rémunérations », indique Philippe Besset, déplorant que les pouvoirs publics s’appuient d’une main sur le maillage territorial de l’officine tout en le détricotant de l’autre. 

Évaluer l'impact des PLFSS

« Au plus fort de la crise, nous avons mis le réseau à la disposition des autorités. Et si c’est à refaire, nous le referons. Mais si c’est à refaire, dans quelques années, ce n’est pas sur 22 000 officines que l’État pourra compter : nous en perdons 200 par an et le rythme va s’accélérer ; alors 5 000, 10 000 de moins ? Voilà la perspective, qui se précise chaque année, dans laquelle ces nouvelles mesures d’économies s’inscrivent », alerte le président de la FSPF, qui demande que soit fournie au Parlement une étude d’impact sur l’économie de l’officine des mesures de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) 2020 et du PLFSS 2021 afin que soient prises les mesures correctives nécessaires.

Par Christophe Micas

2 Octobre 2020

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