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La délivrance des masques en pharmacie étendue aux patients fragiles

Dans la perspective du déconfinement de la population prévu le 11 mai, le ministère de la Santé modifie sa stratégie de distribution des masques sanitaires.

© adobestock_luciano

À partir du 11 mai, la quantité hebdomadaire de masques sanitaires distribués via les officines passera à 100 millions, annonce le gouvernement. Toutefois, tempère le directeur général de la santé, le Pr Jérôme Salomon, moyennant « une adaptation chaque semaine en fonction de la réalité des approvisionnements ». Ces nouvelles dotations doivent commencer à arriver dans les pharmacies à partir du jeudi 7 mai au soir. À l'approche de la sortie du confinement, les pouvoirs publics ont décidé de revoir leur stratégie de distribution des masques issus du stock de l'État. Celle-ci prévoit notamment une nouvelle répartition de ces masques avec une augmentation de la dotation destinée aux professionnels des secteurs sanitaires et médico-sociaux, un élargissement à de nouvelles professions de santé et aux malades, aux personnes contacts et aux personnes à très haut risque médical (immunodéprimées sévères, par exemple).

Le dispositif de traçabilité inadapté

Une bonne nouvelle pour la FSPF qui, « depuis des semaines, demandait que l’ensemble des soignants, les patients particulièrement fragiles et les malades soient intégrés à la liste des bénéficiaires des masques issus du stock d'État ». Toutefois, le syndicat relève que le système envisagé par le ministère de la Santé pour assurer la traçabilité de la délivrance de ces masques via la plate-forme Amelipro n’est pas adapté, en tout cas pour les patients. « L’extension de la population cible va entraîner un surcroît de travail pour les équipes officinales qui sont déjà largement mobilisées dans la gestion de la crise du Covid-19 et qui ont jusqu’à ce jour travaillé bénévolement », explique la FSPF, qui demande que « cette traçabilité soit assurée via le système de facturation habituel des officines et la carte Vitale du patient, en recourant à un code assimilé LPP, et que ce travail supplémentaire soit indemnisé à hauteur de 0,10 euro par masque du stock d'État délivré aux soignants et aux patients, soit la rémunération fixée par l’État en cas de vente de masques chirurgicaux par les pharmaciens d’officine ». Mais « d'autres formes d'indemnisation sont envisageables », précise son président, Philippe Besset.

Des délivrances sur ordonnance

En pratique, le mode de distribution des masques aux professionnels de santé évolue peu par rapport au système mis en place depuis le début de l’épidémie. En revanche, pour les malades du Covid-19, la dispensation se fait sur prescription médicale et sur présentation d’un résultat positif à un test virologique. Pour les personnes ayant été identifiées comme « contact », la délivrance s'effectue sur indication de l’Assurance maladie sur Amelipro via son téléservice « Contact Covid ». Enfin, pour celles considérées les plus à risque de développer une forme grave, la délivrance se fait contre la remise d’une ordonnance. Par ailleurs, le ministère de la Santé souligne qu'à partir du déconfinement, ce système de distribution des masques coexistera avec les circuits classiques, qu’ils soient sanitaires ou grand public, et que les pharmaciens peuvent à nouveau vendre des masques issus de leur propre stock, en plus des masques du stock d'État distribués gratuitement aux populations éligibles.

Par Christophe Micas

6 Mai 2020

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