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La convention sur le grill

Trois mois après que la FSPF a refusé de signer l’avenant à la convention, Philippe Gaertner et Nicolas Revel sont revenus sur leurs points de divergence à l'occasion du Congrès national des pharmaciens.

© SEBASTIAN SCHEFFEL

 

« C’est la première fois de l’histoire que nous ne sommes pas signataires d’un avenant important », a rappelé Philippe Gaertner en ouverture de la séance plénière consacrée aux conséquences de ce texte conventionnel. Bien qu’en accord avec « la direction générale de cet avenant », le président de la FSPF a soutenu qu’il « ne permettait pas de garantir la rémunération de l’officine » durant les années pour lesquelles il s’applique. Selon lui, les dispositions qui ont été adoptées au cœur de l’été « sont globalement moins bonnes que celles prises en 2012 si l’on se réfère à des tableaux d’évolution beaucoup plus larges que la seule rémunération à la dispensation »
À l’opposé, le directeur général de l’Union des caisses d’assurance maladie (Uncam) Nicolas Revel a maintenu qu’il défendait cet accord : « Au mieux, je ne vous convaincrai pas, au pire, je vous agacerai. Mais je pense que je suis dans mon rôle ». Il a ainsi expliqué avoir suivi le chemin tracé lors de la dernière convention mettant en place « une désensibilisation de l’économie officinale par rapport aux problématiques de baisses de prix » et pense que l’objectif est atteint sur ce point puisque « la part de la marge réglementée dans la rémunération officinale ne sera plus que de 25 % en 2020 ». Il s’est par ailleurs félicité d’avoir fait « plusieurs pas pour que le rôle de professionnel de santé du pharmacien soit au cœur du dispositif, aussi bien sur la définition des honoraires de dispensation que sur les nouvelles missions ».

Pour un abandon de la MDL

Si Philippe Gaertner et Nicolas Revel ont tous deux convenu qu’il était primordial qu’une « relation conventionnelle forte » soit maintenue entre l’Uncam et la FSPF, la question de l'enveloppe reste au centre du désaccord. Nicolas Revel a évoqué une somme garantie de 215 millions d’euros à la­quelle s’ajou­te­ront, au mieux, 65 mil­lions d’eu­ros is­sus de la ré­mu­né­ra­tion des nou­velles mis­sions... Face à lui, Philippe Gaertner a exprimé son désaccord en rappelant notamment les baisses de prix envisagées par le prochain comité de suivi sur le générique avec un impact de 130 millions d’euros pour l’officine, contre seulement 70 millions de compensation prévue par l’avenant conventionnel. Sans compter les baisses de prix annoncées pour 2018. 
De fait, Nicolas Revel a souligné l’importance « d’accélérer le mouvement de désensibilisation par au rapport au prix » mais, lorsqu'il a mentionné « le rapport de la Cour des comptes qui considère que l’avenant est allé trop loin » en faveur des pharmaciens, des réactions de protestation se sont fait entendre dans la salle. Il a estimé par ailleurs que l’investissement de l’Assurance maladie vis-à-vis des pharmaciens était conséquent, soit « quatre fois plus » que le surcoût qu'a représenté pour elle l'avenant sur les honoraires complexes, à savoir 50 millions d'euros. Enfin, Philippe Gaertner a annoncé dans cette dynamique de déconnexion de la rémunération du prix des médicaments qu’il allait proposer à l’État de quitter le système de la marge dégressive lissée (MDL). Il a également insisté sur l’importance des nouvelles missions dont les pharmaciens considèrent « qu’elles sont payées trop tard » et continué de fustiger l'absence de l’intervention pharmaceutique de l’accord conventionnel.

Par Benoît Thelliez

22 Octobre 2017

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