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Gauche et droite s'affrontent sur l'officine

Dans le contexte des élections à venir, les représentantes du Parti socialiste et des Républicains ont exposé leur vision du rôle du pharmacien. Et la FSPF, la sienne.

© Miguel Medina

 

Les prétendants à l’élection présidentielle reconnaîtront-ils le rôle majeur du pharmacien ? Invitées à participer au 69e Congrès des pharmaciens à Nantes, Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale, et Claude Greff, déléguée générale aux affaires sociales pour Les Républicains, ont confronté la vision du système de santé de leurs familles politiques respectives.

Visiblement moins connaisseuse des pharmaciens, Claude Greff a insisté sur l’importance que « les professionnels de santé soient réunis et non pas opposés, et que chacun définisse la place qu’il veut avoir dans le système de santé ». Dans ce cadre, « les six thèmes de la grande consultation seront à prendre en compte », a-t-elle précisé. Il ne s’agira pas de « de tout changer, mais de remettre à plat »,  et de « faire une concertation » plutôt que de laisser le ministre de la Santé décider seul. La représentante des Républicains a également indiqué qu’« il ne s’agit pas de revenir sur la loi de répartition, mais de donner plus de liberté au cadre actuel de la loi ».

La continuité, c'est maintenant

De son coté, Catherine Lemorton, dont l’intervention, plus précise, a suscité à plusieurs reprises les applaudissements du public, a situé l’action du Parti socialiste dans « une vision amorcée par la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) prolongée par la loi de modernisation de notre système de santé ». Elle a estimé que « beaucoup de compétences peuvent être transférées sur le pharmacien et les autres professionnels de santé ». Sur le sujet de la vaccination, la représentante du Parti socialiste a déclaré que, puisque « l’officine est un lieu de confiance comme chez le médecin, alors mettons [le vaccin] à l’officine. C’est une offre en plus, mais cela n’empêchera pas les gens de continuer à aller chez le médecin »

Par l’intermédiaire d’une lettre et d’un message audio, François Fillon et Alain Juppé, candidats aux primaires des Républicains, se sont également adressés aux congressistes. François Fillon a abordé la nécessité de rémunérer par un honoraire les nouvelles missions comme le conseil, l’éducation thérapeutique ou la vaccination antigrippale. Il a en­suite évo­qué le rôle que pour­rait jouer le pharmacien si des cabines de télémédecine étaient installées au sein des officines. Alain Juppé a quant à lui précisé qu’il souhaitait accélerer « sensiblement » le recours aux génériques et « conserver et conforter le monopole pharmaceutique ».
Claude Greff, soutien de Nicolas Sarkozy, et Catherine Lemorton, soutien de la candidature d’Arnaud Montebourg aux primaires du Parti socialiste, ont aussi esquissé les programmes santé de leurs candidats. La première a ainsi rappelé que Nicolas Sarkozy souhaite notamment mettre en place un plan « médecine libérale 2020 », qui entend mieux prendre en compte les professionnels de santé (dont les pharmaciens), « mis à mal par toutes les dispositions qui ont été prises par ce dernier gouvernement ». La seconde a fait part de la volonté d'Arnaud Montebourg d’accélérer le processus de licence-master-doctorat (LMD) pour les formations paramédicales, d’augmenter le numerus clausus ainsi que la part du régime obligatoire pour tous ceux qui n’ont pas accès aux complémentaires, ce qui permettrait « un meilleur accès à vos pharmacies »
En guise de conclusion, Philippe Gaertner, président de la FSPF, a partagé les engagements clairs qu’il souhaiterait entendre de la part des candidats à la présidentielle sur le monopole de dispensation, la répartition territoriale et le capital.

Par Claire Frangi

23 Octobre 2016

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