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FreeStyle Libre ne répond plus !

L'application smartphone du lecteur de glycémie en continu d'Abbott a cessé de fonctionner durant plus de trois jours.

FOTOLIA/VECTOR_V

Incompréhension et colère sur les réseaux sociaux : « Je me rends compte à quel point ma vie ne tient qu'à une application »« Mais où est-ce que j'ai mis le bon vieux lecteur qu'on m'a donné la première fois que j'ai eu un FreeStyle Libre ? », ou encore « On fait comment avec un diabétique sans solution de remplacement pour la journée ? »... À l'origine de tous ces messages, une opération de maintenance lancée par les équipes informatiques d'Abbott dans la nuit du 26 au 27 avril qui a conduit à une panne mondiale de l'application FreeStyle LibreLink installée sur le smartphone des patients, dès lors incapable de lire et d'afficher les informations de glycémie transmises par le capteur du dispositif.

De mal en pis

La résolution de l'incident n'étant intervenue que le 30 avril au matin, des milliers de patients français ont dû composer pendant trois jours pour contourner le problème tant bien que mal. Mais là où certains ont réussi à utiliser leur lecteur de glycémie classique compatible avec FreeStyle Libre, d'autres ont constaté qu'il était inopérant dès lors que le capteur avait été initialement paramétré avec l'application pour smartphone. Quant à ceux ayant dû avoir recours en catastrophe aux bandelettes et lancettes associées à un lecteur de glycémie capillaire, ils ont eu la mauvaise surprise de se voir rappeler que l'arrêté du 4 mai 2017 portant remboursement du dispositif FreeStyle Libre indique que « sa prise en charge exclut celle d'un autre lecteur de glycémie capillaire ». Le tableau ne serait pas complet si l'on omettait tous les patients ayant signalé avoir perdu la totalité de l'historique de leurs données une fois leur lecteur de nouveau en état de marche.

Captifs

Gérard Raymond, vice-président de la Fédération française des diabétiques (FFD), déplore d'emblée le manque de réactivité d'Abbott qui « aurait pu avertir plus rapidement les patients qui utilisent son application et son serveur ». D'autre part, il rappelle que « ces nouvelles technologies comportent quelques risques » et qu'« on ne peut pas continuer à laisser l'exclusivité d'un tel dispositif à un seul laboratoire. Il faut clairement qu'il y ait une solution de substitution en cas de panne ». Il estime par ailleurs que « cet incident doit servir de leçon » tandis que la FFD « se pose de nombreuses questions vis-à-vis d'un système dont les patients sont totalement prisonniers et qui voit ses propriétaires refuser de partager les données recueillies sur leurs serveurs ».

Par Benoît Thelliez

3 Mai 2019

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