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Des capotes bientôt à la LPP

La Haute Autorité de santé a, pour la première fois, évalué un préservatif en vue d'une prise en charge.

Les sages de la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (CNEDIMTS) ont parlé. Et, dans un avis mis en ligne le 25 juin dernier sur le site de la Haute Autorité de santé (HAS), ils ont accordé une note favorable à Eden (boîte de 6, taille normale ou XL), un préservatif lubrifié des laboratoires Majorelle, à savoir un service attendu – l'équivalent du service médical attendu des médicaments – qualifié de suffisant, associé à une absence d'amélioration du service attendu (ASA). C'est donc un oui à une future prise en charge au titre de la liste des produits et prestations (LPP), au nom de la santé publique, puisque les indications retenues sont la prévention d'au moins huit infections sexuellement transmissibles (IST) : VIH, herpès, hépatite B... Dans 5 ans, lors du réexamen de ce produit, « il serait souhaitable que des données permettant de mesurer l’impact sur la santé publique de la prise en charge par l’Assurance maladie des préservatifs soient disponibles », note la HAS.

Remboursé... mais prescrit

Aujourd'hui, précise la HAS, 110 millions de préservatifs sont vendus tous les ans, tous circuits confondus, et environ 6 millions sont distribués gratuitement. Rappelons que le gouvernement a annoncé fin mars dernier, dans le cadre du volet prévention de la stratégie nationale de santé, outre le remboursement des substituts nicotiniquesl'expérimentation d'un « Pass préservatif » pour les jeunes de moins de 25 ans « dans quelques régions à forte incidence d’IST (dont une région d’outre-mer) »
Cet avis positif ouvre d'ailleurs la voie à d'autres demandes de prise en charge, d'autant que « des données cliniques spécifiques à chaque type de préservatif masculin ne sont pas nécessaires » même si, selon l'agence APMnews, aucun autre dossier ne serait actuellement à l'étude. Quitte à chercher la petite bête, on pourra regretter qu'aucun produit sans latex, adapté aux allergiques, n'ait été évalué et qu'une prescription soit nécessaire pour que les patients puissent obtenir un remboursement.

Par Laurent Simon (avec APMnews)

28 Juin 2018

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