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Coup de pompe à l'officine

Une étude montre que les pharmaciens ne sont pas les professionnels de santé les plus en forme.

© FOTOLIA/IVECTOR

Le dernier baromètre « Carnet de santé » de santé réalisé conjointement par Odoxa et la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) révèle que les professionnels du soin ne sont pas forcément les mieux lotis lorsqu'il s'agit de leur propre santé. Pour 6 078 d'entre eux qui ont été sondés, dont 399 pharmaciens, l'étude révèle tout d'abord qu'ils ne sont que 31 % à se faire vacciner tous les ans contre la grippe. Si les pharmaciens (55 %) font nettement mieux sur ce point que les infirmiers (26 %) ou les masseurs-kinésithérapeutes (21 %), ils se situent en-deçà des médecins généralistes qui sont 68 % à se faire vacciner. Du côté de l'hygiène de vie, un tiers des pharmaciens disent consommer de l'alcool au moins une fois par semaine, 11 % d'entre eux sont des fumeurs réguliers et un peu plus de la moitié déclarent pratiquer une activité sportive régulière, ce qui, sur ce dernier point, les situe à peu près au même niveau que les internes et les infirmiers (55 %), mais en dessous des médecins généralistes (60 %) et des dentistes (61 %) et encore plus des spécialistes (68 %) ou encore des sages-femmes (71 %) et des orthophonistes (73 %).

Un tiers d'insatisfaits

Sans grande surprise, 72 % des pharmaciens affirment travailler très régulièrement le week-end et se situent ainsi très nettement au-dessus de la moyenne de tous les professionnels de santé qui s'établit à 59 %. Ils sont encore 27 % à déclarer avoir des difficultés quotidiennes pour dormir et se hissent ainsi sur la troisième marche du podium de l'insomnie, derrière les aides-soignants et les infirmiers. Une triste médaille de bronze qui peut en partie s'expliquer par plusieurs facteurs de stress qui semblent particulièrement affecter les pharmaciens. Ces derniers se classent ainsi à la quatrième place sur dix (après les aides-soignantes, les infirmiers et les internes) dans trois catégories de difficultés rencontrées au travail : le travail empêché (manque de coordination avec les collègues, réponse à des injonctions contradictoires…), les comportements d'incivilité des patients et la charge de travail. Ils sont en outre 34 % à avoir déclaré un problème de santé dans les deux mois précédant l'étude réalisée en octobre, contre 21 % au sein de l'échantillon représentatif de la population française également sondé. Enfin, les pharmaciens ne sont que 64 % à se dire « satisfaits » de leur travail et 11 % sont même « très insatisfaits ». L'hiver s'annonce plutôt morose sous les croix vertes…

Par Benoît Thelliez

12 Décembre 2018

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