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Les candidats se refont une santé

Cinq présidentiables ont présenté le 21 février leurs propositions santé, avec quelques rétropédalages à la clé.

© MUTUALITÉ FRANÇAISE

Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan, Benoît Hamon, Yannick Jadot et François Fillon ont répondu positivement à l'invitation de la Mutualité française, à l'origine de « Place de la santé », un débat qui s'est tenu le 21 février à Paris. Les cinq candidats à l'élection présidentielle ont pu présenter en une vingtaine de minutes chacun leur programme en matière de santé et de protection sociale. C'est l'ancien ministre de l'Économie qui a ouvert le bal en excluant sans surprise le déremboursement de soins « petits ou gros » : « Cela n'a pas de sens, une petite pathologie a tôt fait de devenir une grosse pathologie. » Il avance même la prise en charge des soins optiques, dentaires ou des audioprothèses, se targuant d'avoir été le premier à le proposer dans cette campagne. Côté déserts médicaux, prédisant l'échec des mesures contraignantes, Emmanuel Macron promet de doubler le nombre de maisons de santé pluridisciplinaires d'ici à 2022 tout en maintenant l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) au niveau assez élevé de 2,3 % sur la même période. 

Pas de coercition à l'installation

Nicolas Dupont-Aignan lui a succédé avec quelques propositions choc : passer la consultation médicale à 35 euros, augmenter le numerus clausus à 10 000 par an au lieu de 8 124 pour l'année 2017 et rembourser, lui aussi, les soins optiques ou dentaires à 100 %. Il invite également à regarder « ce qui se passe en Alsace-Moselle », pointant les mérites d'une complémentaire unique pour tous les Français, tout en réitérant sa volonté de supprimer l'aide médicale de l'État. Benoît Hamon a pris le relais en axant son discours autour des luttes contre les addictions, pour une meilleure alimentation, contre les pertubateurs endocriniens ou le burn out. Se félicitant du bilan de l'actuelle ministre de la Santé Marisol Touraine, le candidat du Parti socialiste (PS) a martelé sa volonté de recourir à des licences d'office sur le médicament en cas de prix jugé « exorbitant ». Sur l'installation des médecins, Benoît Hamon a en revanche modulé son discours. S'il voulait initialement ne pas conventionner les médecins qui voudraient s'installer en zones surdotées, il a réitéré cette proposition le 21 février mais en ajoutant qu'il préfère parier « sur l'incitation et toujours sur l'incitation ; je ne crois guère aux mesures de coercition absolue » même s'il faut « s'inspirer des bonnes pratiques des kinésithérapeutes et des pharmaciens en termes de démographie ».

Pas de déremboursements

Si Yannick Jadot (Europe Écologie-Les Verts) est resté sur son credo de santé environnementale, la dernière intervention – et certainement la plus attendue – était celle de François Fillon. Le candidat Les Républicains, qui avait annoncé des mesures radicales pour la Sécurité sociale en décembre dernier, avant de les édulcorer considérablement ces dernières semaines, a finalement conforté le système actuel : « pas question de toucher à l'Assurance maladie ou de la privatiser », a-t-il insisté, tout en dénonçant des caricatures à son encontre. Il associerait par ailleurs les professions de santé aux questions de séparation entre petits risque et gros risques, donc des remboursements, au sein d'une agence regroupant également l'État et l'Assurance maladie. Exit enfin la règle d'or budgétaire – zéro déficit tous les ans – puisqu'il a annoncé un Ondam à 2 % sur les cinq ans à venir, légèrement inférieur à celui de 2017 fixé à 2,1 %, et le remboursement intégral, lui aussi, des soins optiques, dentaires ou des audioprothèses. Il ne faut jamais dire jamais.

Par Laurent Simon

21 Février 2017

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