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Agnès Buzyn compte sur l'officine

Pour sortir les services d’urgences hospitalières de la crise, la ministre de la Santé mise notamment sur les pharmaciens d’officine.

© ADOBESTOCK_OLEXSANDR MOROZ

La ville à la rescousse de l’hôpital. Depuis six mois, les personnels des urgences ont engagé un bras de fer avec le gouvernement. Pour tenter de trouver une issue favorable à cette situation de crise inédite, Agnès Buzyn a présenté lundi 9 septembre son pacte de refondation des urgences, accompagné d’une enveloppe de 754 millions d’euros étalée sur la période 2019-2022. 
Ce plan, élaboré sur la base des conclusions de la mission menée pendant l’été par le député Thomas Mesnier (Charente, LREM) et le président du Conseil national de l’urgence hospitalière, le professeur Pierre Carli, propose douze mesures dont deux concernent directement les pharmaciens d’officine.

Les pharmacies dans le SAS

La ministre a ainsi annoncé la mise en place dans tous les territoires d’un service à distance pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français. Dénommé « service d’accès aux soins » (SAS), il permettra notamment aux patients de connaître, grâce à un outil en ligne, les pharmacies de garde. « Le législateur ayant confié l’organisation du système de garde pharmaceutique aux syndicats représentatifs des pharmaciens d’officine, la FSPF est prête à apporter son expertise à la construction du SAS », indique le syndicat dans un communiqué. 
Agnès Buzyn souhaite également accorder aux professionnels non médecins des compétences élargies pour prendre directement en charge les patients. Avec cet objectif, les pharmaciens seront donc autorisés à dispenser, sans ordonnance, des médicaments de prescription médicale obligatoire, dans le cadre d’un exercice coordonné, comme la loi de santé le prévoit. Favorable au principe d’une compétence élargie, la FSPF indique toutefois que « pour pouvoir assurer ces missions et offrir un service de proximité et de qualité, les pharmaciens d’officine auront besoin d’un cadre précis et surtout de moyens ». Dans ce contexte, le syndicat demande à être reçu par la ministre de la Santé afin d’étudier avec elle les modalités de mise en place et de contribution des pharmaciens d’officine à ces mesures. De son côté, l'Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf) se félicite que « cette réforme des urgences place le patient au cœur du système de santé et considère le pharmacien, de par sa proximité et son accessibilité, comme un acteur incontournable dans les soins de premier recours ».

Par Christophe Micas

13 Septembre 2019

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